04/2015

Mgr Léonard a rencontré Joël Devillet

6 février 2016 par    source cathoBel

 

( ... ) Par ailleurs, le journal la Libre Belgique apprenait ce même jeudi que Joël Devillet, l’enfant de chœur d’Aubange abusé par un prêtre entre 1987 et 1991, avait reçu chez lui Mgr Léonard. La scène s’est passée le 14 février dernier, rapporte le quotidien francophone. Elle a été initiée par Mgr Léonard qui, selon la victime, souhaitait « soulager sa conscience avant son départ en France ».
Lors de cette conversation de plus d’une heure et demie, à « cœur ouvert », « Monseigneur Léonard s’est expliqué sur tous les points que je soulevais, explique Joël Devillet. Toutes ses réponses ne m’ont pas convaincu mais je peux dire qu’il m’a écouté. Et surtout, il s’est excusé, à deux reprises, pour les souffrances que j’avais endurées ».
L’an passé, Joël Devillet avait obtenu de la justice que Mgr Léonard l’indemnise à hauteur de 10.000 euros  pour l’avoir maintenu « dans un sentiment d’injustice et d’abandon, entre 1996 et 2001, et participé à l’effondrement de sa structure psychique, à sa dévalorisation et aux troubles psychologiques ayant donné lieu à une incapacité de travail de 50% ». La victime, âgé aujourd’hui de 43 ans, affirme que cette rencontre avec Mgr Léonard l’a « grandement apaisé ».  P.G.

Mgr Léonard a rencontré sa "victime", Joël Devillet

Une belle histoire, par les temps qui courent, ça fait du bien. Nous avons appris, jeudi, que, le dimanche 14 février, Joël Devillet, enfant de chœur d’Aubange abusé par un prêtre entre 1987 et 1991, avait reçu la visite, à son domicile, à Saint-Gilles, de Mgr Léonard, en partance pour la France, et que celui-ci lui avait présenté ses excuses, qu’il a acceptées.

Joël Devillet reprochait à l’Eglise d’avoir tenté d’étouffer l’affaire et de lui avoir conseillé de ne pas porter plainte. Il estimait que Mgr Léonard, alors évêque de Namur, n’avait pas traité avec toute la sollicitude requise son dossier et avait porté l’affaire en justice.

 

Débouté par le tribunal civil de Namur, en novembre 2013, Joël Devillet, 43 ans, avait obtenu, en appel, l’an passé, la condamnation de Mgr Léonard, la cour estimant que l’évêque avait "maintenu M. Devillet dans un sentiment d’injustice et d’abandon, entre 1996 et 2001, et participé à l’effondrement de sa structure psychique, à sa dévalorisation et aux troubles psychologiques ayant donné lieu à une incapacité de travail de 50 %".

La cour avait condamné Mgr Léonard à indemniser la victime à raison de 10 000 euros. Depuis, comme il nous l’a lui-même raconté jeudi, Joël Devillet, 43 ans aujourd’hui, gardait au cœur une cicatrice. S’il avait remporté son combat judiciaire, il continuait à porter le poids de ce qu’il estimait être l’indifférence de l’Eglise et plus particulièrement du prélat.

"Dimanche passé, j’étais à la maison et il devait être 18h30 quand le téléphone a sonné. J’ai décroché et j’ai entendu une voix qui me disait : "Je suis Mgr Léonard, je suis dans le quartier. Maintenant que les procès sont terminés, acceptes-tu que je vienne chez toi ?"

Ce n’était pas une blague

M. Devillet avoue avoir hésité quelques secondes, se demandant s’il était victime d’un mauvais plaisant. "J’étais un peu paniqué, j’ai cru à une blague mais j’ai reconnu sa voix et j’ai dit oui."

Mgr Léonard aurait encore demandé à son interlocuteur s’il y avait de la place pour se garer et vingt minutes plus tard il sonnait à la porte de Joël Devillet.

"Je l’ai fait asseoir dans un fauteuil et lui ai demandé s’il voulait boire quelque chose, mais il a décliné l’invitation. Il avait peut-être peur que je l’empoisonne (rires). "

La suite ? Plus d’une heure et demie d’une conversation à "cœur ouvert" où chacune des deux parties "a pu vider son sac". "J’ai dit tout ce qui me restait en travers de la gorge et Monseigneur Léonard s’est expliqué sur tous les points que je soulevais. Toutes ses réponses ne m’ont pas convaincu mais je peux dire qu’il m’a écouté. Et surtout, il s’est excusé, à deux reprises, pour les souffrances que j’avais endurées."

Soulager sa conscience

Certains ont pu croire que Mgr Léonard a tenté de manipuler Joël Devillet mais ce n’est pas du tout l’avis de ce dernier. "Il m’a dit qu’il voulait soulager sa conscience avant son départ en France et je l’ai cru. Il aurait pu m’adresser un courriel ou une lettre. Il a préféré un entretien face à face, seul à seul. Et je dois dire que cette rencontre m’a grandement apaisé."

En 2015, Joël Devillet et l’évêque s’étaient croisés sur le plateau de "69 minutes sans chichis" (RTBF) mais, la procédure étant toujours en cours, ils n’avaient échangé que quelques mots. Mgr Léonard avait proposé à M. Devillet de lui écrit un mail, "mais je ne l’ai pas fait". Une rencontre, entre hommes, valait, en effet, mille fois mieux.

J.-C.M. La Libre 26.02.2016

 

 

 

Compte rendu rencontre du 14.02.2016

26/02/2016 Llb

6/12/2015 "Je ne trouve pas ça tout à fait correct mais un jugement est un jugement"

Dans son homélie d’adieu, Mgr Léonard souligne que ses moments les plus précieux ont été ceux passés aux côtés des prisonniers, des personnes séparées, divorcées ou remariées ou encore des réfugiés et des sans-papiers. Mais pas de mots pour les victimes de pédophilie de la part de celui qui a pourtant été mis en cause et condamné pour ne pas avoir suffisamment pris ses responsabilités dans un dossier concernant un abbé pédophile. Réponse de Mgr Léonard : "On en a eu au moment où le problème était aigu et où il se posait. Je pense que depuis lors, on a trouvé dans l’Eglise catholique de Belgique une manière d’écouter les victimes, de leur rendre justice, qui a été honnête, qui a été appréciée et qui a été vécue en collaboration avec la commission parlementaire créée à ce sujet. (…) En ce qui me concerne personnellement, il est vrai qu’en appel on m’a attribué une responsabilité de 5% dans la situation de la victime d’un prêtre que je n’ai jamais voulu protéger, parce que je n’avais aucune raison de le protéger - c’était plutôt un adversaire public… Je ne trouve pas ça tout à fait correct mais un jugement est un jugement et si ce jugement a pu faire du bien à la victime, je m’en réjouis sincèrement car il s’agit d’une personne pour laquelle j’avais et ai toujours une grande estime".

L’archevêque de Bruxelles renonce à se pourvoir en cassation

La Croix 26.08.2015

 

Mgr André-Joseph Léonard avait été condamné par la cour d’appel de Liège pour n’avoir pas sanctionné un prêtre pédophile.

Mgr André-Joseph Léonard, archevêque de Bruxelles, a renoncé définitivement à se pourvoir en cassation contre l’arrêt prononcé par la cour d’appel de Liège le 23 avril dernier, a fait savoir l’avocat de l’ancien séminariste Joël Devillet, Me Marc Kauten.

Les faits remontent à 1987. Alors âgé de 14 ans, Joël Devillet était acolyte à la paroisse d’Aubange (province du Luxembourg). Il a été abusé par l’abbé Hubermont jusqu’en 1991. Joël Devillet accusait l’évêché de Namur, dont Mgr Léonard était l’évêque à l’époque, d’avoir fait preuve de passivité en ne dénonçant pas les faits à la justice, affirmant que ce dernier en avait été informé.

Une plainte, déposée au pénal contre le violeur fut déclarée prescrite. Joël Devillet se retourna au civil contre l’abbé Hubermont qui fut condamné à l’indemniser. Le plaignant décida aussi d’impliquer la responsabilité civile de Mgr Léonard qui avait autorité sur le prêtre pédophile, puisqu’il était l’évêque de Namur.

Le 23 avril, la cour d’appel de Liège avait condamné Mgr Léonard à verser 10 000 € d’indemnisations à Joël Devillet (plus les intérêts) pour ne pas avoir pris de sanction à l’égard du prêtre fautif.

Mgr André-Joseph Léonard, qui a eu 75 ans le 6 mai dernier, a présenté sa démission au pape François, comme le prévoit le droit canonique. Mgr Léonard continue d’assumer sa fonction d’archevêque de Malines-Bruxelles jusqu’à la nomination de son successeur.

C.C. avec L’Avenir, Catho.be

Mgr Léonard est venu présenter ses excuses

L‘ex-primat de Belgique a été condamné pour avoir étouffé les abus dont a été victime Joël Devillet

 

Condamné au civil pour avoir fait preuve de passivité en ne prenant aucune mesure pour écarter le prêtre qui a abusé durant quatre ans de Joël Devillet à Aubange, Monseigneur Léonard s’est vu contraindre à lui verser 18.000 euros. Retraité depuis peu, l’ex-primat de Belgique, qui va s’établir dans le Sud de la France, a tenu à lui présenter personnellement.

 

Voici presque un an, en avril 2015, Monseigneur Léonard était

condamné par la 20e chambre civile de la Cour d’appel de Liège à

verser 10.000 euros - 18.000 euros avec les intérêts et divers frais de

justice - à Joël Devillet. Une première en Belgique. Le tribunal a

estimé que l’ex-primat de Belgique a fauté. Abusé durant

quatre ans fin des années 80 par l’abbé Gilbert Hubermont, Joël

Devillet verra son rêve, devenir prêtre, se briser. Entré au séminaire,

il se confie à son directeur spirituel, le chanoine Jean Léonard,

le frère d’André Léonard, évêque de Namur-Luxembourg à

l’époque. Celui-ci ne prendra aucune mesure pour écarter le

prêtre abuseur et étouffera même l’affaire.

Aujourd’hui à la retraite, l’ancien archevêque de Maline-Bruxelles s’apprête à rejoindre le sanctuaire

Notre-Dame du Laus dans le Sud de la France. Mais il semblerait

qu‘il ait éprouvé quelques remords vis-à-vis de Joël Devillet…

«Le dimanche 14 février, il m’a téléphoné en fin de journée. Ça faisait

longtemps que je n’avais plus eu de contact avec lui. Il m’a dit qu’il souhaitait

me rencontrer ce jour-là », explique Joël Devillet. «Il est venu

chez moi et m’a présenté ses excuses.

J’ai trouvé ça très beau comme geste. Il est resté 1h40. On a

pu discuter longuement et s’expliquer.

Il m’a dit que s’excuser lui permettait d’être en paix avec sa

conscience », raconte Joël, qui attendait depuis de longues années

ces excuses.

Alors que la Cour d’appel de Gand a débouté une seconde fois des

victimes d’abus sexuels dans l‘Église, qui voulaient que le Saint-

Siège et les évêques belges soient tous tenus responsables, Joël Devillet

continue son combat pour dénoncer ces faits. Il est partie civile

dans le dossier « Opération Calice », dont l’enquête porte sur des

abus sexuels et leur tentative d’étouffement par la hiérarchie

catholique. «On attend toujours le réquisitoire du Procureur », précise

Me Marc Kauten son avocat. Un dossier pour lequel Joël Devillet

s’investit aussi, afin que de tels faits ne se reproduisent plus.-

M.M. La Meuse 26.02.2016