ciné télé revue 1/2 mars 2009

Joël a 32 ans, mais sa voix, n’en a que 14. Il a un corps d’adulte,
mais il parle comme un enfant. 14 ans ! C’est l’âge auquel un vicaire
de son village lui a volé son innocence...

Une autre victime ? ciné télé revue 2/2 mars 2009

En février 2004, le tribunal correctionnel d’Arlon doit
constater que les faits sont prescrits. Malgré les aveux du
vicaire, Joël ne peut pas poursuivre le prêtre au pénal.
Sur les conseils...

Journal le monde 4 mai 2010

La pédophilie, l’Eglise
belge et l’accusateur ( Joël Devillet ).

Mensonges hommes d'Eglise page86 Paris Match

« L’ABBÉ HUET S’EST MIS À
GENOUX DEVANT MOI ET
M’A DEMANDÉ PARDON
AU NOM DE L’ÉGLISE »

Le prêtre pédophile:«JE COMPRENDS SA DEMANDE DE RÉPARATION»

Eglise silencieuse page85 Paris Match

«MGR LÉONARD
ENTRETENAIT MA
VOCATION DE
PRÊTRE. TACITEMENT,
CELA IMPLIQUAIT LE
SILENCE»

l'évêque m'a manipulé page84 Paris Match

« JE VOULAIS QUE LE PRETRE ME
CONSIDÈRE ENFIN COMME
UNE PERSONNE. PLUS
COMME UN OBJET SEXUEL »

devillet mgr léonard pgf3 paris match

L'évêque face à la justice

Paris-Match

« APRÈS AVOIR
ÉTÉ VIOLÉ DANS
MON CORPS, JE
L’AI ÉTÉ DANS
MON ÂME »

page 91 Paris-Match

« LES ABUS
SEXUELS
NE SONT PAS
CONSIDÉRÉS
COMME UNE
FAUTE GRAVE
PAR L’ÉVÊQUE
DE NAMUR»

Le calvaire d’un enfant de chœur violé

04.03.2009 MARC METDEPENNINGEN

 

Habituellement, les enfants violés se cachent pour souffrir. A l’âge de 35 ans, Joël Devillet, victime dans son enfance d’un prêtre pédophile à Aubange (province du Luxembourg), a décidé de parler. De se montrer. D’exposer haut et fort ses tourments, les silences de l’Eglise qui lui furent exposés, le parcours judiciaire – long et incertain – qu’il a entrepris. Pour « revivre », dit-il. Pour dénoncer « la perversité des hommes de Dieu». De certains, en tout cas.

Georges Huercano consacre l’une des deux séquences du magazine Indices à cet enfant violé, ressuscité par son combat à l’âge adulte. Issu d’une famille nombreuse et modeste, Joël Devillet entretenait un lien affectif profond avec les curés de son village natal. Il lui arrivait de dormir à l’église. Il considérait les vieux prêtres comme des grands-parents, à défaut de trouver chez lui l’affection qu’il recherchait. L’arrivée du jeune abbé G. dans sa paroisse va faire basculer son insouciance en souffrance. « Il recevait les jeunes chez lui. J’étais comme jaloux. Je voulais qu’il s’intéresse à moi », raconte Joël. Et puis, ce furent les mots tendres, les caresses, de plus en plus appuyées, les fellations, des tentatives de sodomie, jamais abouties. Devenu adulte, Joël continuera à voir ce prêtre, transféré alors dans une paroisse de Flawinne. Joël a dénoncé son calvaire auprès de l’évêché de Namur qui, selon lui, a tenté d’étouffer l’affaire, de régler le problème entre ses murs. Entré au Grand Séminaire dans l’espoir de devenir prêtre, il en fut chassé après trois années d’études. Parce que là aussi, en quête d’affection, il se prit de sentiments à l’égard d’un autre séminariste… Sa plainte déposée au pénal à Arlon contre son tourmenteur a été mise à néant, les faits survenus dix ans plus tôt ayant été déclarés prescrits. Joël Devillet entend faire rendre gorge à l’Eglise qui l’aurait « mené en bateau pour étouffer le scandale ».

Il a introduit une action civile à Arlon contre son abuseur; une affaire toujours pendante. Dans le même temps, il a mené une action, également civile, contre l’évêque de Namur, Mgr Léonard, à qui il reprochait son éviction du Séminaire et sa passivité à l’égard de son violeur. Il a partiellement été débouté de cette action par une décision rendue le 19 février 2009.

Il s’est di

stancié de la religion et espère beaucoup de la justice des hommes.

Joël Devillet dénonce les abus de son abbé -  4.03.2009 Marc UYTTERHAEGHE

Le magazine «Indices» de Georges Huercano et Dominique Demoulin se penche sur l'histoire d'un jeune violé par un prêtre .

«J'ai été violé par un prêtre.» Cette confession est celle de Joël Devillet, 35 ans aujourd'hui, qui a voué une grosse partie de sa vie à Dieu. Durant son enfance, il tombera malheureusement sur un prêtre un peu trop affectueux envers les enfants... Joël sera victime d'abus sexuels, entre 1987 et 1991, à Aubange.

Vingt ans plus tard, il se bat toujours pour que justice lui soit rendue. Car si les faits ont été prescrits au pénal par le tribunal correctionnel d'Arlon en 2004, Joël a introduit une autre plainte, au civil cette fois, contre l'évêque de Namur, Monseigneur Léonard. Joël estime que ce dernier n'a pas tenu tous ses engagements envers lui.

Lorsqu'il est entré au séminaire de Namur en 1994, on l'a invité à suivre une thérapie. Puis on lui a promis de prendre en charge le coût de celle-ci en échange de son silence. «Cela n'a jamais été fait, affirme Joël Devillet, qui publie aujourd'hui un livre sur son calvaire - Violé par un prêtre - aux Éditions de l'Arbre. J'ai ensuite été viré du séminaire.» À cause d'un mauvais profil psychologique ou suite à une intervention de l'évêque?

Joël penche pour la deuxième solution. Il a porté plainte au civil à Namur. Récemment, le tribunal a débouté Joël en ce qui concerne le dommage matériel consécutif à la perte de trois années académiques. Le tribunal estime qu'il n'a pas apporté la preuve que son licenciement du séminaire est dû à l'évêque. Par contre, pour le préjudice moral et psychologie, le tribunal namurois n'a pas statué et attend le résultat d'une expertise, ordonnée par le tribunal civil d'Arlon, qui examine les éventuels dommages moraux à l'égard de Joël dus par son abuseur. Georges Huercano retrace tout cela dans un reportage sensible. «J'ai été touché par cette histoire. L'attitude de l'évêché et de la Justice est trouble. Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas plus de clarté.»

 

Témoignage accablant d'une victime à 19 h 45, dans Indices sur RTL-TVi

BRUXELLES "Si on a choisi de consacrer un sujet à Joël Devillet, c'est parce qu'il s'agit d'une histoire d'aujourd'hui, mais qui paraît sortie d'un autre temps. " Georges Huercano ne mâche pas ses mots lorsqu'il évoque le reportage qu'il a réalisé pour le magazine Indices de ce soir.

Joël Devillet a été abusé, alors qu'il n'avait que 14 ans, par le vicaire d'Aubange, Gilbert Hubermont. À l'époque, l'Église avait tout fait pour étouffer l'affaire. Aujourd'hui, âgé de 35 ans, Joël a décidé de témoigner, sur antenne et dans un livre au titre explicite : Violé par un prêtre.

"Avec cette histoire, on comprend comment l'Église et l'évêché de Namur ont voulu faire taire Joël et ont tout essayé pour que l'affaire n'aille pas en justice. Mgr Léonard a laissé les choses aller. C'est de la non-assistance à personne en danger ! La question est de savoir pourquoi on n'a pas dénoncé les faits et pourquoi on n'a pas protégé les autres enfants."

Le cas de Joël remonte au milieu des années 80. Il était un adolescent en manque affectif, qui se réfugiait dans sa foi pour Dieu. Arrive un nouveau vicaire, Gilbert Hubermont.

"Il avait l'habitude de prendre les enfants sur ses genoux pour regarder la TV", explique Joël. "Il a commencé par me caresser le visage . Il me disait de me laisser faire. Puis, il a mis sa main au niveau de mon sexe et il voulait que je fasse de même avec le sien."

Les abus deviendront alors quotidiens. "J'étais devenu son objet sexuel." Joël avertira notamment Mgr Léonard. Gilbert Hubermont sera alors muté à Flawinne, où il continuera d'exercer. Joël, lui, entrera au séminaire. Finalement, une confrontation avec l'abbé Hubermont sera organisée et celui-ci craquera et avouera.

Mais l'Église demandera à Joël de ne pas ébruiter l'affaire, en échange de quoi on lui payerait ses frais de thérapie. Ce que l'évêché ne fera jamais. "J'ai ensuite été viré du séminaire et lorsque je me suis rendu compte que j'avais été mené en bateau, j'ai porté plainte."

Depuis 2001, Hubermont travaille dans un centre pour personnes handicapées de la Région wallonne. Ce qui révolte Joël, qui a perdu toute foi en Dieu. "Dans son nouveau poste, il est une fois de plus en contact avec des personnes fragiles."


© La Dernière Heure 2009