Mgr Léonard est-il en train de s’adoucir ?

Tout d’abord, passer du diocèse de Namur à celui de Bruxelles l’a amené à avoir des propos plus retenus. Alors qu’à Namur, il suivait son tempérament et créait alors des polémiques toutes les deux semaines, il a dû prendre en compte la réalité géopolitique d’une métropole comme Bruxelles et adopter une posture plus en retrait.

Quid de l’influence du pape François ?

François ne correspond pas du tout à sa vision de l’Eglise, qu’il retrouvait par contre parfaitement dans l’architecture dogma-doctrinaire prônée par Benoît XVI. Mgr Léonard ne se réjouissait donc pas du tout de l’arrivée d’un pape au profil pastoral de proximité. Cependant, force est de constater que dans l’Eglise catholique, il existe une forme de mimétisme, de légitimisme, qui fait que, même après un moment de difficulté, tous vont se mettre en rang pour rentrer dans les clous.

L’archevêque s’adapte... avec intérêt ?

Léonard est rassuré, car même si François n’est pas sa tasse de thé, il donne un verrouillage doctrinal en gage de sa couverture médiatique. Léonard a donc beau jeu de reprendre à son compte un élément de langage qui fait l’unanimité, en s’appuyant sur la garantie qu’il n’y a pas de changement de doctrine. Il est très malin, il va dans le sens du vent. Avec, en arrière-pensée, le départ à la retraite de Danneels, qui lui laisse la voie libre pour devenir cardinal. Car monseigneur n’est pas insensible aux honneurs...